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Les cheveux blancs - Page 4

  • La polémique de l’écriture inclusive

    L’écriture inclusive se fixe pour objectif « d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes » et ainsi de « faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes » (je cite ici le site www.ecriture-inclusive.fr). Or cette pratique porte en elle une contradiction dont on parle peu. Pour nos amis lecteurs qui l’ignorent encore, l’un des principaux aspects de cette nouvelle manière d’écrire est le « point milieu ». Il consiste à donner d’un mot représentant un groupe de gens non plus sa seule version masculine (« amis ») mais une présentation qui cumule le masculin et le féminin (« ami.e.s »). Certains vont jusqu’à proposer un usage plus général de cette pratique en remplaçant « lecteurs » par « lecteur.rice.s ». Une autre facette de ce projet concerne les noms de métiers ou de fonctions, avec l’utilisation systématique des versions féminines quand elles existent (présidente, directrice) et la féminisations des noms qui n’existent actuellement qu’au masculin, en « préfète » ou « chancelière » par exemple. Les critiques les plus courantes portent sur ce « point milieu », qui alourdit le texte écrit et rend surtout sa prononciation impossible. Comment faire passer à l’oral ce « ami.e.s » autrement qu’avec un « ami eu esse», qui ferait comprendre « amies » ? Or une langue qui ne se parle pas n’est plus une langue. Cette critique est justifiée mais elle ne résistera pas à l’inventivité de nos hommes politiques. Après le très gaullien « Françaises, français » ils ont pris l’habitude de s’adresser à « Toutes les électrices et tous les électeurs ». Ils trouveront sûrement un moyen efficace de parler des « électeur.rice.s », et même de les dire « exigeant.e.s » (Ségolène Royal a déjà fait mieux avec son fameux « Toutes celles et ceux » qui est passé dans le langage médiatique malgré son absurdité intrinsèque). L’autre pilier principal de l’écriture inclusive, la féminisation des noms de métiers ou de fonctions, est moins souvent critiqué mais il est tout aussi discutable. Le principal argument qui peut lui être opposé consiste à noter qu’une personne est de sexe féminin ou masculin sans rapport avec le genre du mot qui désigne son métier ou sa fonction. Pour le dire simplement, Naomi Campbell est UN mannequin. Or il s’agit d’une femme, dont la féminité est éclatante. Johnny Halliday est UNE vedette. Or c’est un homme, à la virilité affirmée. L’histoire de notre langue, indissociable de l’histoire de notre pays et de notre civilisation, a abouti à ce résultat que de nombreux métiers parmi les plus prestigieux, sont nommés au masculin. Et alors ? Qu’une femme remporte l’élection présidentielle, elle ne perdra rien de sa féminité en se faisant nommer « Madame le Président », formule qui distingue le genre de la personne « Madame » de celui du mot qui désigne sa fonction « le Président ». Malheureusement cet argument se place à un niveau presque philosophique. Sa portée s’en trouve limitée et il n’a donc pas empêché les féminisations les plus discutables de fleurir un peu partout. Mais le véritable obstacle qui devrait s’opposer à ce projet se trouve dans les contradictions idéologiques de ceux-là même qui veulent imposer l’écriture inclusive. Ils veulent des toilettes « neutres », disent respecter les transgenres et pourtant ils obligeront ces derniers à choisir entre femme et homme, en se disant présidente ou président.

  • L'amélioration des normes de transparence

    La crise financière a révélé des insuffisances dans le dispositif d’information financière en vigueur pour les établissements financiers et les produits structurés qu’ils élaborent, pour traduire une situation complète et fiable des risques encourus par les établissements eux-mêmes ainsi que les investisseurs, et ce quelles que soient les situations de marché. L’information financière publiée par les banques s’est révélée difficile à interpréter par le marché : c’est ainsi qu’au 4ème trimestre 2007 et au 1er trimestre 2008, les résultats publiés par les grandes banques ont donné lieu à des analyses divergentes entre analystes financiers. Les raisons en sont diverses : la nouveauté de l’information résultant de l’application des normes IFRS, le manque d’homogénéité dans l’application de ces normes d’un pays à l’autre et enfin l’absence de convergence entre les normes comptables internationales (IFRS) et les normes américaines (US GAAP) qui nuisait à la comparabilité et à l’analyse dans un contexte de globalisation. En fin de compte, les normes comptables internationales, qui étaient supposées apporter plus de transparence à l’information transmise au marché, n’ont pas totalement réussi à atteindre cet objectif. De même, les normes comptables ont eu des effets surprenants sur les bilans des banques pendant la crise. En effet, conformément à la règle de fair value dans les normes IFRS, les institutions financières doivent réévaluer leurs actifs, mais également leurs passifs, dans leurs bilans à intervalles réguliers et reconnaître le changement de valeur dans leur compte de résultat. Par conséquent, une baisse dans la valeur de leur dette bancaire, suite à une perte de confiance des investisseurs dans ce secteur, en réduisant la valeur des passifs de l’institution, lui permet d’inscrire un profit dans ses résultats. Les banques n’ont pas pris la mesure des risques associés aux véhicules hors bilan qu’elles avaient élaborés et n’en ont pas informé le marché. En particulier, elles n’ont pas anticipé et donc pas chiffré, le risque de réputation pouvant résulter d’un problème non identifié de liquidité ou de solvabilité. Dans certains cas également, elles ont fait une interprétation imprudente des contrats sophistiqués qui les liaient à ces véhicules ou qui leur permettaient d’échanger des instruments de protection avec des contreparties sur les marchés (CDS - Credit Default Swaps). Ce défaut d’analyse ou d’interprétation des contrats les a conduites à considérer, à tort, qu’elles s’étaient défaites de l’ensemble des risques ; ce qui s’est avéré ne pas être le cas et a donné lieu à des débats juridiques très complexes entre institutions. On ne peut exclure non plus que, bien qu’identifiés, ces risques n’aient volontairement pas été révélés. La crise a démontré que l’information disponible sur les produits de titrisation est limitée, à la fois à un niveau agrégé (statistiques précises et exhaustives sur le marché européen), et à un niveau individuel (information sur la nature et la qualité des actifs sous-jacents). Des initiatives ont heureusement été prises pour encourager la standardisation et la diffusion de cette information de manière rapide et régulière.

  • Vers l'adrénaline et au-delà !

    C'est mon grand-père qui m'a inoculé sa fascination pour les avions de chasse. Du coup, j'ai toujours eu un côté un peu différent des autres. Quand j'étais enfant, mes compagnons de jeux collectionnaient les voitures. Ils en avaient des dizaines, de toutes sortes et de toutes tailles. Mais en ce qui me concernait, c'était les avions de chasse. Je n'en avais pas beaucoup, mais je ne les aurais pas échangés contre dix barils de petites voitures. J'en avais toujours un ou deux dans mes poches. Et lorsque mes camarades m'invitaient à jouer aux petites voitures, je les regardais d'un oeil torve et m'en allais jouer avec mes avions. J'étais déjà très doué en rapports humains, à l'époque. :-) Je suis aujourd'hui adulte, mais cette adoration-là a traversé les années. Et mes petits avions sont désormais dans les poches de mon fils. Ce virus trans-générationnel ne semble donc pas prêt de s'éteindre ! Il était fatal qu'un jour, je grimpe à bord d'un véritable avion de chasse pour découvrir ce que l'on éprouve là-haut. Ce que j'ai fait il y a quelques jours, à bord d'un Mirage. Depuis le temps que j'imaginais ce moment, j'avais peur que le vol ne soit pas à la hauteur. De sortir de l'appareil en me disant que ce n'était pas si terrible que ça. Mais je n'ai pas été déçu. Quand j'ai retrouvé le tarmac, en fin de compte, on aurait dit Bouddha ayant trouvé l'illumination, tellement je rayonnais ! Parce que même si j'ai rêvé de ce vol durant des années, c'était encore mieux que tout ce que j'avais imaginé. Il y a des moments où j'ai bien cru que j'allais m'évanouir. Ce vol a été d'une telle violence par moments qu'il me paraît impossible à décrire. D'ailleurs, j'ai failli ne pas rédiger de billet sur cette expérience. Il n'y a pas de mots pour décrire de tels moments. Mais il fallait quand même que j'en dise quelques mots. Il m'aura fallu quelques décennies pour réaliser ce rêve, mais ça valait le coup d'attendre. Parce que je n'ai jamais connu une telle décharge d'adrénaline que celle que j'ai pu avoir lors de ce vol en Mirage. Les informations pratiques sont disponibles sur ce site : https://www.tematis.com/vol-avion-chasse