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Les cheveux blancs - Page 4

  • Petite et grande cuisine

    Mon niveau en cuisine est relativement faible. En fait, on pourrait même dire qu'il se résume globalement à choisir la puissance et la durée de cuisson pour une barquette micro-ondes ! Néanmoins, je fais des efforts. Je me suis ainsi essayé jeudi dernier à un atelier de cuisine à Lyon. Et c'était plutôt agréable, je dois dire. La chose peut paraître inexplicable au premier abord, mais ça s'explique très simplement, au final : parce que préparer un plat sous la houlette d'un chef, c'est une partie de plaisir, par rapport au fait de cuisiner seul chez soi. D'abord, l'environnement était plaisant : les cuisines étaient nickel et rangées au millimètre. Pour moi qui ai une cuisine où les affaires semblent changer de place toutes seules, c'est plutôt agréable ! Après, il y avait un chef qui était là pour nous secourir à chaque étape du plat, ce qui est parfait pour quelqu'un dans mon genre : je ne cuisine pas à la maison car j'ai besoin d'une personne qui m'accompagne et m'explique, sans quoi je suis vite perdu. Et enfin, j'ai pu utiliser des tonnes d'ustensiles sans avoir à les nettoyer derrière. Et pour un type comme moi, je peux vous dire que ça change les choses ! Si je suis un apôtre des plats surgelés, c'est en partie en raison de la vaisselle que cela exige à chaque fois qu'on cuisine... :) Et voilà pourquoi, même si j'ai été enchanté par l'atelier, ça ne m'a pas motivé plus que ça à remettre le couvert à la maison. Dans mon quotidien, je n'ai en effet pas à disposition tous ces trucs qui rendent la cuisine tellement plus simple... Je crois qu'il est donc inutile de faire ce genre d'expérience dans l'espoir de se mettre à la cuisine pour de bon : il faut déjà apprécier la cuisine pour cela. Mais si c'est pour passer un agréable moment, ce cours de cuisine est tout indiqué : ma femme et moi y avons passé un très bon moment ! Je vous mets d'ailleurs en lien le site, si vous vous sentez une âme de chef... http://www.cours-de-cuisine.net

  • Moins d’Amérique avec l’Europe

    Alors qu'Angela Merkel avait pu laisser entendre que les Etats Unis et le Royaume Uni n'étaient plus des partenaires fiables, invoquant ainsi la nécessité pour l'Europe de "reprendre son destin en mains", le mardi 30 mai, Donald Trump déclarait dans un tweet « Nous avons un déficit commercial MASSIF avec l’Allemagne et elle paie BIEN MOINS qu’elle ne le devrait pour l’Otan et la défense. Très mauvais pour les États-Unis. Ça va changer ». Quels sont les risques réels de voir le "parapluie" américain disparaitre de l'horizon européen ? Guillaume Lagane : Ce qu'on peut dire c'est qu'aujourd'hui des troupes américaines importantes sont stationnées en Europe. On compte 100 000 soldats américains dans l'environnement européen qui sont basés en Allemagne mais aussi en Italie au Royaume-Uni et en Espagne. On retrouve également une composante navale très importante. Donc ce parapluie existe et la seule question c'est de savoir s'il serait actionné en cas de menace par Donald Trump. A ce stade c'est assez flou. Il a refusé, lors de sa venue à Bruxelles le 25 mai, de se prononcer sur l'article 5 qui est celui par lequel les nations appartenant à l'Alliance Atlantique s'engagent à se défendre au cas où l'un d'eux est attaqué. Cet article est volontairement ambigu, il a était écrit de manière à ce que chaque Etat puisse déterminer le degré d'engagement qu'il mettra dans la défense des autres. Cette nuance était une volonté des Etats-Unis qui, en 1948, étaient encore un état isolationniste et n'avait jamais signé d'alliance militaire permanente. Cela ouvre une incertitude sur la position qu'adoptera Trump en cas de crise. Jean-Sylvestre Mongrenier : Il semble qu’il ne faille pas confondre les différents niveaux de la réalité internationale. Tout n’est pas aligné : l’économie et le commerce sont une chose, le politique dans sa dimension la plus essentielle, à savoir la conduite diplomatico-stratégique des Etats, en est une autre. En termes plus concrets, l’existence d’une alliance forte entre différentes nations, alliance fondée sur le partage des mêmes enjeux de sécurité, peut aller de pair avec des désaccords commerciaux ou autres. Si l’on regarde l’histoire de l’OTAN au fil des décennies, les crises et désaccords sont même la règle, du fait notamment que cette alliance regroupe des « démocraties de marché », soumises à des alternances politiques d’une part, en concurrence sur le plan économique d’autre part. L’OTAN n’a jamais fonctionné selon la même logique que le pacte de Varsovie : la Guerre Froide a opposé le « bloc » soviétique non pas à une entité similaire, mais à un « camp » occidental, plus souple et polycentrique. Dans les années 1960 et 1970, le déséquilibre de la balance des paiements des Etats-Unis ainsi que la crise du dollar, avec la fin de la convertibilité en or de la monnaie américaine (le « coup d’Etat monétaire » du 15 août 1971) à la clef, ont suscité de vives tensions entre les deux rives de l’Atlantique, sans que la solidarité stratégique occidentale à l’encontre du bloc soviétique et l’existence même de l’OTAN ne soient véritablement remises en question. Pourtant, la lecture d’un ouvrage quelque peu oublié de Raymond Aron – République impériale, les Etats-Unis dans le monde, 1945-1972 (Calmann-Lévy, 1973) – donne un solide aperçu des interrogations et inquiétudes qui travaillaient alors l’Europe occidentale. A l’issue de la Guerre Froide, au cours des années 1990, on a pu croire que la géoéconomie allait se substituer à la géopolitique, la lutte tous azimuts pour la maîtrise des technologies-clefs, la conquête des marchés et l’attraction des capitaux étant censées se substituer aux conflits du type pouvoirs-territoires et faire voler en éclats l’Occident. Plus de deux décennies se sont écoulées. Bref, on n’en finit pas d’annoncer la fin de l’Occident et la disparition de l’OTAN, mais cette alliance s’adapte aux nouvelles menaces et se transforme, tout à la fois sous l’emprise de la nécessité et de par la volonté de ses membres. Après une période expéditionnaire, période qui n’est d’ailleurs pas totalement close (voir la mission de l’OTAN en Afghanistan et un rôle peut-être accru à terme sur le théâtre syro-irakien, voire en Libye), les Alliés ont décidé de recentrer l’OTAN sur l’article 5 et la défense collective de ses membres. Dans le contexte présent, sur le plan des menaces étatiques, il s’agit de renforcer la posture de défense et de dissuasion de l’OTAN sur l’axe Baltique-mer Noire, de façon que Vladimir Poutine ne se hasarde pas à réitérer le scénario ukrainien (rattachement manu militari de le Crimée et guerre hybride en Ukraine continentale, dans le Donbass) aux dépens des Etats baltes, de la Pologne ou d’un autre allié centre-est européen. De fait, la « présence avancée » alliée a été renforcée, des troupes venues d’autres pays membres font rotation en Europe centrale et orientale, y compris celles des Etats-Unis qui ont à nouveau déployé des chars. Quant à Donald Trump, le nouveau président américain, il est revenu sur une rhétorique de campagne empreinte de démagogie (l’« OTAN obsolète »). Bref, le « parapluie » américain n’est pas refermé et l’OTAN demeure une alliance sans équivalent dans le monde. Peut-être faut-il cesser de sur-interpréter le moindre propos ou silence de Trump. Prenons garde aussi à ce que le conflit de la Maison-Blanche avec la presse américaine ne déforme notre vision de l’Administration Trump. Aussi brutales soient-elles, les récriminations de Trump quant à la faiblesse des dépenses militaires européennes ne sont pas infondées.

  • Répondre en retard aux emails

    «Être adulte, c'est écrire par e-mail “Désolé pour la réponse tardive” encore et encore jusqu'à notre mort», écrivait sur Twitter l'auteure Marissa Miller en février dernier. Le tweet a été retweeté près de 30.000 fois et aimé presque 40.000 fois. Une très forte résonance, assez peu fréquente sur Twitter d'ailleurs, note le New York Magazine, qui illustre bien à quel point ce sujet –les réponses en retard aux e-mails– touche du monde. Et s'il était temps d'arrêter de s'excuser de répondre tardivement aux e-mails. Et si l'on apprenait à considérer autrement ce genre de conversations? C'est la théorie de Melissa Febos, auteure d'un long article publié sur Catapult et limpidement titré «Voulez-vous être reconnu pour votre style d'écriture ou pour votre capacité à répondre rapidement aux e-mails?» À trop vouloir s'excuser de répondre en retard, regrette-t-elle, on établit la norme selon laquelle toute réponse doit être immédiate, alors que ce n'est pas forcément le cas. Au fond, le délai de réponse à un e-mail est le cœur du problème. Tous les e-mails ne méritent pas une réponse dans la minute. Certains peuvent attendre quelques heures, quelques jours. D'autres, fonctionnant davantage comme un rappel que comme un message, ne nécessitent même parfois pas de réponse de notre part. Et pourtant, on a trop souvent tendance à penser qu'ils ont tous le même degré d'importance, et donc qu'ils méritent d'obtenir un retour le plus rapide possible, ajoutait Dan Ariely, professeur de psychologie et d'économie comportementale, dans un podcast de Bloomberg mis en ligne en mars 2017. «Avec les e-mails, nous traitons tout de manière urgente. Il y a pourtant une grande différence entre important et urgent. Sans manque vouloir manquer de respect à ma mère, ce qu'elle m'écrit est certes important, mais rien jusque-là ne s'est avéré être urgent, par exemple.» À l'avenir, la solution pourrait être d'établir une hiérarchie dans les e-mails et dans la réponse à leur apporter, notamment en fonction de leur urgence. Pour cela, libre à vous de créer une échelle d'importance afin de classer les e-mails que vous recevez. Si cela vous semble trop compliqué à mettre en place, peut-être trouverez vous votre bonheur dans une application, recommandée et codéveloppée par Dan Ariely en personne, Filtr. Celle-ci permet de classer par ordre d'importance ses contacts et offre un affichage des messages reçus réagencé selon ces critères d'urgence. Sur ce, je vous laisse, j'ai quatre emails en suspens qui attendent une réponse.