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Les cheveux blancs - Page 2

  • Le retour de la tuberculose

    La tuberculose fait partie des maladies a prevention vaccinale et a declaration obligatoire. Avec moins de 10 nouveaux cas de tuberculose maladie declares pour 100 000 habitants depuis 2004, la France est consideree au plan international comme un pays a faible incidence de tuberculose. Cette situation masque cependant des differences importantes entre zones geographiques et groupes de population. L’Ile-de-France, Mayotte et la Guyane sont les trois regions de plus fort taux de declaration. Le nombre de cas de tuberculose a bacilles multiresistants (MDR), qui etait stable depuis le debut des annees 2000, augmente en 2011 et 2012. L’Ile-de-France cumule la moitie de ces cas et le nombre de cas ayant deja beneficie d’un traitement antituberculeux atteint, en 2012, celui des cas encore non traites. En juillet 2007, sur les recommandations du Comite technique des vaccinations et du Conseil superieur d’hygiene publique de France, l’obligation vaccinale par le BCG a ete suspendue et un regime de recommandation forte pour les enfants les plus exposes, dont ceux residant en Ile-de-France et dans les DOM, a ete promulgue. La couverture par le BCG est insuffisante chez les enfants a risque de tuberculose, surtout en dehors de l’Ile-de-France15. D’autres maladies infectieuses ne beneficient pas d’une prevention vaccinale et la surveillance de leur evolution temporelle permet de mesurer l’efficacite des mesures preventives. La légionellose, infection respiratoire provoquee par des bacteries du genre Legionella, se caracterise par des symptomes respiratoires aigus, avec une mortalite non negligeable, pouvant atteindre plus de 20 % pour les sujets fragilises (personnes agees, immunodeprimees, diabetiques, fumeurs, patients atteints de maladies respiratoires chroniques, etc.) mais le nombre de deces reste faible (moins d’une centaine de cas annuels). Les legionelles, presentes dans le milieu aquatique naturel, se multiplient facilement dans les sites hydriques artificiels lorsque les conditions sont favorables, notamment une temperature comprise entre 25 et 45 °C. La contamination de l’homme se fait par voie respiratoire, par inhalation d’eau diffusee en aerosol a partir d’une installation contaminee (tours aerorefrigerantes, douche, bains a remous, brumisateurs, fontaines decoratives…). Le bilan des cas de legionellose survenus en France en 2012 montre une legere augmentation par rapport a l’annee 2011. Les caracteristiques epidemiologiques des cas ainsi que le gradient geographique du taux d’incidence Ouest-Est restent cependant similaires a la situation observee les annees precedentes.

  • Une expérience abracadabrantesque

    Samedi dernier, j'ai concrétisé un rêve de gosse : j'ai réalisé un vol en avion de chasse. Une expérience assez courte (trente minutes) mais particulièrement intense. J'ai un peu hésité à l'idée d'écrire un article là-dessus, car je ne pense pas qu'il soit possible de décrire un tel moment. Mais après tout, si je n'évoque pas ici une aventure pareille, ce blog a-t-il encore une utilité ? Je vais donc essayer de vous relater tout ça. Samedi dernier, je suis donc allé à l'aérodrome pour y effectuer ce baptême de l'air un peu singulier. Le vol ne se faisait évidemment pas à bord d'un F-35, mais tout de même, il se faisait à bord d'un L-39, qui a servi pendant près de 20 ans à la Patrouille de France ! S'il ne ressemble pas du tout à un avion de combat, avec sa double queue très caractéristique, il est bien rompu aux acrobaties aériennes. Je vous passerai les détails des présentations et du briefing pour passer directement à l'essentiel. Une chose à préciser tout de suite : en altitude, je me suis tout de suite senti dans mon élément. Le L39 dégage en effet une forte puissance, qui permet de se sentir en confiance : en effet, il garde sa trajectoire, même avec un vent latéral assez fort. Clairement, on est aux antipodes de ce qu'on peut éprouver à bord d'un avion de tourisme ! Mais passons au vol lui-même. Si le vol est plutôt pépère les premières minutes, ce n'est en fait qu'une phase de découverte. Et il devient très différent quand débute la phase acrobatique ! On découvre la violence du schmilblick dès la première vrille, quand on se retrouve sans prévenir plaqué contre son siège avec la vitesse. La pression qu'on ressent sur le corps est fantastique. Comme si une main géante tentait de vous aplatir. On doit recevoir 4,5 G pendant certaines figures : on pèse alors 4,5 fois son poids habituel ! Il faut même se contracter au maximum pour ne pas s'évanouir ! Alors bon, présenté comme ça, on pourrait croire qu'il s'agit d'une souffrance, mais en fait pas du tout : c'est une sensation exceptionnelle. La seule chose éprouvante, en fait, c'est de basculer des G positifs aux négatifs quand on s'y attend le moins. Ca, on peut dire que ça remue méchamment et que ça a vite tendance à vous filer la nausée. A tel point que si j'ai raffolé de cette partie acrobatique, j'ai tout de même été soulagé quand nous avons pris la direction du retour. Je n'aurais pas tenu une minute de plus sans faire usage du sac en papier ! De retour sur le plancher des vaches, j'étais encore livide, mais quelle importance ? J'étais le roi du monde ! A lire sur le site de cette expérience de baptême en avion de chasse à Reims.

  • La polémique de l’écriture inclusive

    L’écriture inclusive se fixe pour objectif « d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes » et ainsi de « faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes » (je cite ici le site www.ecriture-inclusive.fr). Or cette pratique porte en elle une contradiction dont on parle peu. Pour nos amis lecteurs qui l’ignorent encore, l’un des principaux aspects de cette nouvelle manière d’écrire est le « point milieu ». Il consiste à donner d’un mot représentant un groupe de gens non plus sa seule version masculine (« amis ») mais une présentation qui cumule le masculin et le féminin (« ami.e.s »). Certains vont jusqu’à proposer un usage plus général de cette pratique en remplaçant « lecteurs » par « lecteur.rice.s ». Une autre facette de ce projet concerne les noms de métiers ou de fonctions, avec l’utilisation systématique des versions féminines quand elles existent (présidente, directrice) et la féminisations des noms qui n’existent actuellement qu’au masculin, en « préfète » ou « chancelière » par exemple. Les critiques les plus courantes portent sur ce « point milieu », qui alourdit le texte écrit et rend surtout sa prononciation impossible. Comment faire passer à l’oral ce « ami.e.s » autrement qu’avec un « ami eu esse», qui ferait comprendre « amies » ? Or une langue qui ne se parle pas n’est plus une langue. Cette critique est justifiée mais elle ne résistera pas à l’inventivité de nos hommes politiques. Après le très gaullien « Françaises, français » ils ont pris l’habitude de s’adresser à « Toutes les électrices et tous les électeurs ». Ils trouveront sûrement un moyen efficace de parler des « électeur.rice.s », et même de les dire « exigeant.e.s » (Ségolène Royal a déjà fait mieux avec son fameux « Toutes celles et ceux » qui est passé dans le langage médiatique malgré son absurdité intrinsèque). L’autre pilier principal de l’écriture inclusive, la féminisation des noms de métiers ou de fonctions, est moins souvent critiqué mais il est tout aussi discutable. Le principal argument qui peut lui être opposé consiste à noter qu’une personne est de sexe féminin ou masculin sans rapport avec le genre du mot qui désigne son métier ou sa fonction. Pour le dire simplement, Naomi Campbell est UN mannequin. Or il s’agit d’une femme, dont la féminité est éclatante. Johnny Halliday est UNE vedette. Or c’est un homme, à la virilité affirmée. L’histoire de notre langue, indissociable de l’histoire de notre pays et de notre civilisation, a abouti à ce résultat que de nombreux métiers parmi les plus prestigieux, sont nommés au masculin. Et alors ? Qu’une femme remporte l’élection présidentielle, elle ne perdra rien de sa féminité en se faisant nommer « Madame le Président », formule qui distingue le genre de la personne « Madame » de celui du mot qui désigne sa fonction « le Président ». Malheureusement cet argument se place à un niveau presque philosophique. Sa portée s’en trouve limitée et il n’a donc pas empêché les féminisations les plus discutables de fleurir un peu partout. Mais le véritable obstacle qui devrait s’opposer à ce projet se trouve dans les contradictions idéologiques de ceux-là même qui veulent imposer l’écriture inclusive. Ils veulent des toilettes « neutres », disent respecter les transgenres et pourtant ils obligeront ces derniers à choisir entre femme et homme, en se disant présidente ou président.