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  • La part des femmes dans l’industrie

    D’après les tableaux de l’économie française 2017 de l’Insee, la part des femmes dans l’industrie s’élève à 28 %. Si cette proportion a considérablement augmenté depuis 20 ans, elle reste désormais relativement stable. Selon un rapport de l’Insee sur l’égalité femmeshommes, 8,1 % des femmes actives travaillent dans l’industrie contre 19,3 % des hommes actifs. Toutes les études observant la répartition des femmes et des hommes dans les métiers indiquent que l’industrie est l’un des secteurs les moins mixtes, en défaveur des femmes. Elles démontrent d’une part une ségrégation professionnelle horizontale : les femmes et les hommes se répartissent différemment dans l’industrie. Les femmes sont davantage concentrées dans certains sous-secteurs spécifiques  : le textile-habillement où elles sont majoritaires avec 61 %, l’industrie pharmaceutique où elles sont présentes à 54 % et l’agroalimentaire où elles occupent 43 % des postes. Elles sont aussi très représentées dans l’électro-ménager. On peut remarquer que ces secteurs correspondent aux représentations stéréotypées du travail considéré comme « féminin », dérivé du travail domestique. De plus, les femmes n’exercent pas les mêmes métiers que les hommes. Par exemple, elles ne représentent que 10,1 % des technicien.ne.s et agent.e.s de maîtrise des industries mécaniques et 20,9 % de ceux, celles des industries de process. L’avis du Cese sur la mixité des métiers le soulignait aussi  : «  Dans nombre d’entreprises à caractères technique et industriel, les femmes sont ainsi concentrées dans des filières professionnelles (comme les achats, les ressources humaines, la vente, le secrétariat…) qui ne participent pas du cœur de métier, toujours identifié comme masculin ». Une ségrégation verticale se remarque aussi, du fait d’un plafond de verre significatif. Les femmes ne représentent que 22 % des ingénieur.e.s et des cadres techniques d’entreprise. Elles ne sont que 12 % des cadres dirigeant.e.s dans l’industrie. Les travaux sur la non-mixité des métiers attribuent ce phénomène à l’influence des stéréotypes de sexe, ceux-ci entretenant la conviction que certains métiers correspondent à des qualités naturelles propres aux femmes ou aux hommes. L’avis du Cese sur la mixité des métiers rappelait d’ailleurs que l’activité des femmes reste souvent identifiée aux fonctions domestiques et que «  les compétences prétendument naturelles qui y sont associées (patience, minutie, appétence pour le soin et l’intérêt pour autrui) sont transposées dans le monde du travail ».