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  • L'amélioration des normes de transparence

    La crise financière a révélé des insuffisances dans le dispositif d’information financière en vigueur pour les établissements financiers et les produits structurés qu’ils élaborent, pour traduire une situation complète et fiable des risques encourus par les établissements eux-mêmes ainsi que les investisseurs, et ce quelles que soient les situations de marché. L’information financière publiée par les banques s’est révélée difficile à interpréter par le marché : c’est ainsi qu’au 4ème trimestre 2007 et au 1er trimestre 2008, les résultats publiés par les grandes banques ont donné lieu à des analyses divergentes entre analystes financiers. Les raisons en sont diverses : la nouveauté de l’information résultant de l’application des normes IFRS, le manque d’homogénéité dans l’application de ces normes d’un pays à l’autre et enfin l’absence de convergence entre les normes comptables internationales (IFRS) et les normes américaines (US GAAP) qui nuisait à la comparabilité et à l’analyse dans un contexte de globalisation. En fin de compte, les normes comptables internationales, qui étaient supposées apporter plus de transparence à l’information transmise au marché, n’ont pas totalement réussi à atteindre cet objectif. De même, les normes comptables ont eu des effets surprenants sur les bilans des banques pendant la crise. En effet, conformément à la règle de fair value dans les normes IFRS, les institutions financières doivent réévaluer leurs actifs, mais également leurs passifs, dans leurs bilans à intervalles réguliers et reconnaître le changement de valeur dans leur compte de résultat. Par conséquent, une baisse dans la valeur de leur dette bancaire, suite à une perte de confiance des investisseurs dans ce secteur, en réduisant la valeur des passifs de l’institution, lui permet d’inscrire un profit dans ses résultats. Les banques n’ont pas pris la mesure des risques associés aux véhicules hors bilan qu’elles avaient élaborés et n’en ont pas informé le marché. En particulier, elles n’ont pas anticipé et donc pas chiffré, le risque de réputation pouvant résulter d’un problème non identifié de liquidité ou de solvabilité. Dans certains cas également, elles ont fait une interprétation imprudente des contrats sophistiqués qui les liaient à ces véhicules ou qui leur permettaient d’échanger des instruments de protection avec des contreparties sur les marchés (CDS - Credit Default Swaps). Ce défaut d’analyse ou d’interprétation des contrats les a conduites à considérer, à tort, qu’elles s’étaient défaites de l’ensemble des risques ; ce qui s’est avéré ne pas être le cas et a donné lieu à des débats juridiques très complexes entre institutions. On ne peut exclure non plus que, bien qu’identifiés, ces risques n’aient volontairement pas été révélés. La crise a démontré que l’information disponible sur les produits de titrisation est limitée, à la fois à un niveau agrégé (statistiques précises et exhaustives sur le marché européen), et à un niveau individuel (information sur la nature et la qualité des actifs sous-jacents). Des initiatives ont heureusement été prises pour encourager la standardisation et la diffusion de cette information de manière rapide et régulière.