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Les cheveux blancs

  • Tomber de haut

    Mardi dernier, j'ai rendu cette expression littérale : j'ai sauté en parachute pour la première fois. Cela valait bien un petit retour d'expérience, vous ne croyez pas ? :) Cela s'est passé mardi dernier, donc. Par une journée radieuse, j'entre dans le petit aéroclub et me présente à mon instructeur : Denis. C'est de lui que va dépendre ma vie, puisque nous allons sauter en tandem. L'atmosphère est très cordiale et je me sens immédiatement à l'aise. J'ai fait une journée de canyoning avec des pros il y a un an, et c'était exactement le même genre d'atmosphère. Denis me présente les instructions à respecter quand nous serons là-haut : replier mes jambes sous la carlingue entre les siennes avant de sauter ; puis, pendant la chute, ouvrir les bras pour se stabiliser ; et pour finir, à l'atterrissage, lever les jambes en avant (on atterrit sur les fesses : pas très grâcieux, mais plus sûr, apparemment). Une fois revêtu de mon harnais, je rejoins l'appareil : un minuscule coucou qui me semble sortir tout droit d'un autre siècle (ce qui est le cas, puisqu'il a été conçu dans les années 90). Je me hisse avec appréhension dedans. Le décorateur n'a pas dû se ruiner, puisque nous nous installons à même le plancher ! Mais deux minutes plus tard, nous décollons, et tout ça n'a plus la moindre importance. En soi déjà, le vol est plutôt bizarre. La porte latérale, par exemple, est constituée d'un pauvre rideau de plastique qui laisse le vent glacial pénétrer dans l'habitacle. La vue est imprenable... et angoissante, aussi ! Après une demi-heure de vol, nous rejoignons finalement la zone de largage. A ce moment-là, j'ai l'impression d'être un bloc de glace et suis pressé de bouger. Denis fixe mon harnais au sien, puis m'affuble d'une protection par-dessus mes lunettes de vue. Le cordon me compresse le haut du crâne, mais étant donné qu'on va tomber à 200 km/h, c'est ça ou les paumer au mauvais moment. Je vérifie que le harnais est bien accroché, soudain inquiet à l'idée que je puisse me détacher (c'est Denis qui a le parachute). Nous nous approchons de l'ouverture et je sens monter l'appréhension. Quand je me retrouve face à l'ouverture béante, j'ai l'impression que mon estomac s'est réduit à la taille d'une noisette. Mais je me lance enfin. Je ne sais pas comment, mais bon gré mal gré, mes doigts se détachent de la carlingue et on se laisse tomber. Dès les premières secondes, c'est l'ivresse totale : pour la première fois de ma vie, je ne ressens plus la gravité. Plus rien ne me relie à un sol quelconque. Une fois que nous sommes parvenus à nous stabiliser, je peux enfin profiter de la vue. Nous fonçons comme des fusées à plus de 200 km/h dans le ciel. J'accomplis le plus vieux rêve de l'humanité : je vole (enfin, je tombe d'un point très élevé, mais j'ai clairement la sensation de voler). Brusquement, le parachute s'ouvre et j'ai la sensation d'être un pantin au bout d'une ficelle. Je suis déçu que la chute libre soit déjà finie (ça dure moins d'une minute !), mais la descente en parachute n'est pas mal non plus. La paix qui prédomine à cette altitude est surprenante. Cinq minutes plus tard, le sol semble se ruer sur nous et on atterrit sur les fesses. Voilà une expérience qui laisse littéralement sur le cul. A lire sur le site internet de ce de saut en parachute à Maubeuge.

  • Sombre présages

    Dernièrement, je me suis rendu à Porto pour y suivre un colloque consacré au changement climatique. Même si ce sujet fait souvent la une, on conçoit en fin de compte assez mal à quoi ressemblera la réalité d'ici dix ans, lorsque cette métamorphose sera devenue une réalité concrète. Mais on nous a présenté ce qui nous attend, et je peux vous assurer que ce n'était pas vraiment rassurant. D'ici les deux prochaines décennies, pas de problème. A vrai dire, les peurs inspirées par le climat auront même plus d'influence que les dommages proprement dits. Face à un bouleversement éclair du climat, certains gouvernements seront vraisemblablement tentés d'agir pour leur propre compte en vue d'assurer leurs territoires, et la décision de s’intégrer dans un projet multilatéral découlera donc de nombreux facteurs (comme les conditions économiques), mais c'est à peu près tout. Mais c'est après que les choses se gâtent. Certains chercheurs indiquent déjà que les simulations passées ont largement sous-estimé les conséquences du changement climatique. Les scientifiques ne disposent pour l'instant que d'une capacité restreinte en ce qui concerne l'évaluation de l'importance des catastrophes climatiques. Toutefois, ils tiennent une chose pour sûr : cette révolution ne s'accomplira pas graduellement, et nous pourrions donc bien en éprouver les conséquences bien plus douloureusement qu'on ne l'avait cru. Le plus horrible dans tout ça, c'est qu'aucune solution ne permettra de sortir sans pertes de la crise climatique. Les pays seront pris à la gorge. Les limitations liées aux émissions de gaz seraient un grave préjudice aux puissances émergentes qui n'ont pas encore un bon rendement énergétique, et les pays développés n'échapperaient pas eux-mêmes à cette limitation : il s'ensuivrait que l’économie globale pourrait connaître une crise majeure aux effets tout aussi dramatiques que le climat. Où que l'on se tourne à l'avenir, ce sont donc bien de sombres présages qui nous attendent. Ce colloque était en conclusion assez déprimant. Heureusement, l'organisation a un peu compensé : elle était nettement au-dessus de nombreux autres événements de ce genre. Voilà le lien de l'agence qui a pris en charge cet événement, si ça vous intéresse. En savoir plus en suivant le lien sur le site du spécialiste reconnu de l'organisation de séminaire au Portugal.

  • La part des femmes dans l’industrie

    D’après les tableaux de l’économie française 2017 de l’Insee, la part des femmes dans l’industrie s’élève à 28 %. Si cette proportion a considérablement augmenté depuis 20 ans, elle reste désormais relativement stable. Selon un rapport de l’Insee sur l’égalité femmeshommes, 8,1 % des femmes actives travaillent dans l’industrie contre 19,3 % des hommes actifs. Toutes les études observant la répartition des femmes et des hommes dans les métiers indiquent que l’industrie est l’un des secteurs les moins mixtes, en défaveur des femmes. Elles démontrent d’une part une ségrégation professionnelle horizontale : les femmes et les hommes se répartissent différemment dans l’industrie. Les femmes sont davantage concentrées dans certains sous-secteurs spécifiques  : le textile-habillement où elles sont majoritaires avec 61 %, l’industrie pharmaceutique où elles sont présentes à 54 % et l’agroalimentaire où elles occupent 43 % des postes. Elles sont aussi très représentées dans l’électro-ménager. On peut remarquer que ces secteurs correspondent aux représentations stéréotypées du travail considéré comme « féminin », dérivé du travail domestique. De plus, les femmes n’exercent pas les mêmes métiers que les hommes. Par exemple, elles ne représentent que 10,1 % des technicien.ne.s et agent.e.s de maîtrise des industries mécaniques et 20,9 % de ceux, celles des industries de process. L’avis du Cese sur la mixité des métiers le soulignait aussi  : «  Dans nombre d’entreprises à caractères technique et industriel, les femmes sont ainsi concentrées dans des filières professionnelles (comme les achats, les ressources humaines, la vente, le secrétariat…) qui ne participent pas du cœur de métier, toujours identifié comme masculin ». Une ségrégation verticale se remarque aussi, du fait d’un plafond de verre significatif. Les femmes ne représentent que 22 % des ingénieur.e.s et des cadres techniques d’entreprise. Elles ne sont que 12 % des cadres dirigeant.e.s dans l’industrie. Les travaux sur la non-mixité des métiers attribuent ce phénomène à l’influence des stéréotypes de sexe, ceux-ci entretenant la conviction que certains métiers correspondent à des qualités naturelles propres aux femmes ou aux hommes. L’avis du Cese sur la mixité des métiers rappelait d’ailleurs que l’activité des femmes reste souvent identifiée aux fonctions domestiques et que «  les compétences prétendument naturelles qui y sont associées (patience, minutie, appétence pour le soin et l’intérêt pour autrui) sont transposées dans le monde du travail ».